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Et. Balzac > Histoire Balzac > 68-88
Mais Mr Bouchara sait aussi entretenir des relations plus positives avec les médias : il participe à des émissions de radio, de télévision et à la fin de l'année scolaire 1970 -1971, il invite les reporters du magazine ELLE a passer une dizaine de jours dans l'établissement. Rose Vincent, Catherine Chaine et le photographe Bill Muncke vont alors effectuer leur enquête dont ont été tirés des éléments pour ce livre. L’enquête donnera lieu à la rédaction du «dossier du mois» de ELLE, de plusieurs pages de textes et de photos, intitulé «Radiographie d'un lycée». C'estavec l'aimable autorisation du magazine ELLE que l'intégralité de ce reportage est donné en PDF en cliquant sur le lien ci-dessous.
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Leur article et d'autres témoignages de contemporains de cette époque montrent qu'il s'est établi dans le lycée un style de relations entre les différents partenaires de la communauté balzacienne qui contrebalance, les querelles partisanes : ce sont en particulier les déjeuners - débats qui réunissent le proviseur et les élèves d'une classe où encore le Proviseur avec une catégorie du personnel, comme les maîtres- auxiliaires par exemple ; c'est également le développement du travail de groupe engagé dès 1968 qui s'ajoute aux multiples activités déjà présente à Balzac.Mais Balzac n’a pas retrouvé le calme d’avant 1968, contrairement aux autres grands lycées Parisiens. Un peu en avance en 1970, sans doute, les élèves ressemblent plus aux élèves d’aujourd’hui.
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Témoignage de Mr Bouchara sur le nouveau type de relations établies
Quelques jours avant la rentrée de 1971, à la demande d'un professeur de mathématiques du lycée, femme au grand cœur, dont le dévouement à la jeunesse n'avait d'égal que sa très grande compétence, je reçus un ingénieur yougoslave, en stage de longue durée à Paris. Il était accompagné de sa fille, grande, belle, d'aspect sévère et triste. Il sollicitait pour elle son inscription en classe de première. L'étude du dossier scolaire, traduit du serbe montrait que Catherine était une élève de qualité ayant obtenu des résultats satisfaisants durant toute sa scolarité au lycée de Belgrade. Mais ses connaissances en français étaient insuffisantes pour faire des études valables, et j'en fis part à son père. Il insista, appuyé par le professeur de mathématiques qui assistait à l'entretien, et me signala qu'il veillerait personnellement sur le travail de sa fille; il n'hésiterait pas à la "corriger" à coups de ceinture s'il constatait la moindre défaillance. Est-ce le visage éprouvé de Catherine ? Est-ce l'insistante courtoisie du professeur? Je décidais de l'inscrire sous réserve de résultats valables enregistrés par le conseil de classe à la fin du premier trimestre. Compte tenu de l'extrême bonne volonté constatée et malgré des résultats toujours insuffisants en français, sur avis favorable du conseil de classe, je confirmai son inscription en classe de première. Septembre 1972 : Catherine se présenta à mon bureau (j'avais coutume de recevoir, sans rendez-vous préalable, entre 12h et 14h, les élèves souhaitant m'informer de leurs problèmes). Je vis pénétrer dans mon bureau une Catherine soucieuse, inquiète, tendue. La manière dont elle prit place sur le siège offert me prouva son désarroi. "Monsieur" le Proviseur, mes notes à l'épreuve anticipée de français ont été très mauvaises.- J'ai constaté ces mauvais résultats. (silence)- Votre père a sans doute été irrité! Silence à nouveau peut-être a-t-il été violent à votre encontre?- Non monsieur. Mon père n'a pas eu connaissance de mes notes. Je les ai interceptées; autrement il m'aurait sévèrement battue et surtout il m'aurait empêchée de rejoindre ma mère et mon frère, à Belgrade durant les vacances dernières.- Vous ne les avez donc pas remises à votre père, même au retour des vacances?_ Non monsieur -nouveau long silence- mais j'ai pensé que vous pourriez les lui remettre vous-même car vous savez que j'ai fourni de gros efforts.- Vous me demandez d'être votre complice…D'une voix ferme, sincère, passionnée, où d'aucuns auraient pu y voir de l'insolence, oui : Monsieur le Proviseur" !".Je mis fin à l'entretien en lui signifiant que je la convoquerai à nouveau. Le triste sourire qu'elle m'adressa en prenant congé, me fit mesurer l'étendue de sa déception. Le lendemain je la reçu accompagnée de son père que j'avais pu joindre rapidement.Monsieur, j'ai tenu à vous recevoir personnellement car les résultats de Catherine ont été médiocres. Ils ne correspondent pas aux espérances des professeurs. J'ai donc voulu, avant de vous les adresser, m'assurer qu'aucune erreur matérielle ne s'était glissée dans la copie de ses notes. Cette vérification a duré plus longtemps que prévu. Les voici. Il n'y a aucune erreur. Mais je vous confirme qu'elles ne représentent pas le travail fourni par votre fille.- Je regrette d'en avoir connaissance si tardivement car ma fille n'aurait pas été récompensée d'un voyage à Belgrade.J'intervins à nouveau pour signaler que le règlement du Baccalauréat permettait à une élève de terminale d'effacer ses mauvais résultats en repassant les épreuves de français, donc que l'examen n'était pas définitivement compromis. Catherine, silencieuse jusqu'alors, se levant de son siège, sur un ton dramatique, passionné, s'écria "Monsieur le Proviseur, je vous promets que j'obtiendrai le baccalauréat".Juillet 1973 : charivari devant mon bureau. La secrétaire me signale "qu'il y a une élève agitée qui veut absolument me voir". Catherine, bien que ceinturée par l'aimable cerbère montant la garde dans l'antichambre de mon bureau, ouvre la porte et me crie, à travers toute la pièce " Monsieur le Proviseur, Monsieur le Proviseur, je suis reçue. J'ai voulu que vous soyiez le premier à l'apprendre, même avant mon père". Et le père heureux se présenta le lendemain à mon bureau, pour me remercier accompagné d'une jeune fille rayonnante de joie, de bonheur et d'assurance. Plus qu'aux propos aimables du père, c'est au sourire à la fois radieux et ... complice de Catherine que j'attachais du prix.La plupart des professeurs qui ont enseigné au lycée Honoré de Balzac durant ces années retrouveront à la lecture de cette anecdote la convivialité (le mot n'était pas encore à la mode) qui rassemblait toute la communauté éducative.En guise de conclusion : je ne sais ce qu'est devenue Catherine ! A-t-elle rejoint son pays natal qu'elle aimait tant? Vit-elle en France? Pour ma part, les cinq années passées à Balzac furent les plus belles de ma carrière; après, tout me parut terne, fade et routinier. Si Catherine lit ces lignes, qu'elle sache qu'elle m'a offert un présent inestimable et qu'elle m'a donné un moment de pur bonheur. Vingt ans après, narrant cette anecdote, j'ai encore quelque peine à maîtriser mon émotion.
Des classes de cette époque
Témoignage de Mme Thévot, professeur agrégé d'espagnol
Je suis arrivée au lycée Honoré de Balzac en janvier 1971 pour y effectuer mon troisième stage de CAPES. A cette époque bénie, les stagiaires de CAPES faisaient au cours de l'année scolaire trois stages dans trois établissements différents, sous la direction de trois conseillers pédagogiques différents. Généralement les stagiaires étaient regroupés par trois.Mes deux camarades et moi-même avions déjà effectué deux stages: le premier au lycée Lamartine, le deuxième au lycée Chaptal. Tout s'était très bien passé. 1968 n'était pas loin, mais pourtant, dans ces deux établissements, le calme régnait et les élèves travaillaient.Dès notre arrivée, le lycée Honoré de Balzac nous produisit un choc : l'immensité des bâtiments, le nombre impressionnant d'élèves el de professeurs, tout nous parut démesuré, voire inhumain.Puis nous fîmes connaissance avec les classes où nous devions travailler ; là encore, notre surprise fut grande : bruit incessant, élèves agités, peu travailleurs, indisciplinés, insolents.L'organisation aussi laissait beaucoup à désirer ; parfois pour une raison ou une autre, une classe était absente : nous n'étions pas prévenues et attendions en vain.Ce stage ne nous a pas laissé une très bonne impression et nous redoutions un peu d'avoir, peut être à passer les épreuves pratique du CA PES au lycée Honoré de Balzac : de tels élèves seraient-ils capables de se tenir convenablement devant un Inspecteur? ...Nous avons réussi notre CAPES pratique (au lycée Lamartine) et nous avons commencé à enseigner dès la rentrée suivante. Alors, nous avons compris que la plupart des élèves étaient désormais semblables à ceux que nous avions découverts avec stupeur au lycée Honoré de Balzac et que, malheureusement, il nous faudrait bien nous accommoder de cette dure réalité.
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